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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 15:04

Des milliards de voitures électriques chinoises, et moi, et moi ?
Cécile Chevré

Quand Romulus Augustule a abdiqué le 4 septembre 476 devant l'avancée des troupes d'Odoacre, il ne se doutait pas qu'il signait non seulement la fin de l'Empire romain d'Occident mais aussi celle de l'Antiquité.

La date de la chute de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 sera peut-être, dans quelques années, retenue non seulement comme l'apogée de la crise des subprime mais aussi comme la fin d'un monde. La fin de la suprématie occidentale au profit des BRIC et surtout de la Chine.

Même si la route de la Chine vers le statut de première puissance économique au monde réserve des embûches, nous notons tous les jours une avancée supplémentaire.

Dernier en exemple en date : la construction automobile. Et en particulier les véhicules hybrides.

Pour un peu, nous aurions l'impression de nous trouvez devant l'illustration parfaite de la théorie de la destruction créatrice de Schumpeter : les sociétés dépassées technologiquement qui s'effondrent et sont remplacées par des sociétés nouvelles, utilisant de nouvelles technologies ou répondant à de nouveaux besoins.

Les faillites de General Motors et de Chrysler ont été certes précipitées par la crise mais leurs ennuis économiques dataient de plusieurs années. Les mastodontes de l'automobile américaine ne se sont pas adaptés aux nouvelles attentes des consommateurs dans un monde dans lequel le pétrole est de plus en plus cher et la conscience écologique de plus en plus présente.

Nouveau marché, nouvelle classe moyenne, nouvelles attentes des consommateurs...

Le premier marché automobile au monde
Depuis l'année dernière, la Chine est le premier marché automobile au monde – avec 13,6 millions de véhicules vendus contre 10,4 millions aux Etats-Unis en 2009. Une tendance qui se poursuit cette année. Les ventes de voitures en Chine ont flambé de 30,45% au premier semestre, avec 7,18 millions de ventes – contre 5,6 millions aux Etats-Unis.


Pékin a même donné une nouvelle impulsion aux ventes en renouvelant la prime de 3 000 yuans (343 euros) attribuée lors de l'achat d'un véhicule moins gourmant en énergie.

Le gouvernement chinois ne cherche pas seulement à booster les ventes de voitures, il cherche surtout à promouvoir les véhicules "propres". Vous vous souvenez de la forte réaction de Pékin quand l'Agence internationale de l'énergie a annoncé que le pays était devenu le premier consommateur d'énergie au monde. La Chine veut se mettre au vert.

Les aides des pouvoirs locaux à l'achat de véhicules hybrides se multiplient donc. Shanghai offre ainsi 20 000 yuans supplémentaires (2 284 euros) pour l'achat d'un véhicule hybride et 50 000 yuans (5 710 euros) pour l'achat d'un véhicule électrique. La ville va en outre mettre en place 400 bornes de recharge.

Une volonté d'un Etat qui peut payer cash
Une fois que Pékin s'est fixé un objectif, il met tout en oeuvre pour l'accomplir. Ainsi la Commission de Supervision des Actifs et de l'Administration Chinoise (SASAC) a annoncé le mois dernier l'alliance de 16 entreprises publiques afin de développer la recherche ainsi que la production de véhicules hybrides et électriques. Pékin devrait investir 100 milliards de yuans (11,4 milliards d'euros) dans cette coalition d'ici 2012. Le but : mettre sur le marché 500 000 voitures hybrides ou électriques par an, et ce pour les trois années à venir.


Une nécessité écologique et d'indépendance énergétique
Le gouvernement chinois n'agit évidemment pas de manière désintéressée. Il est confronté à un problème majeur : l'explosion de la pollution et ses conséquences.


Les chiffres ont de quoi faire réfléchir : pour la seule ville de Pékin (20 millions d'habitants), on prévoit que le nombre de voitures devrait atteindre les 7 millions en 2015, soit une augmentation de 1 900 véhicules par jour.

Ces véhicules consomment de l'énergie. La bataille pour l'énergie est une des préoccupations majeures de la Chine depuis plusieurs années. Rappelons par exemple les contrats signés entre Pékin et la Russie ou le Venezuela au plus fort de la crise économique et qui assurent à l'empire du Milieu des approvisionnements de pétrole bon marché en échange de son aide économique. Ou encore la multiplication des projets nucléaires sur le territoire chinois.

Comment profiter de la fin d'un monde et de la naissance d'un nouveau
Pas de véhicules électriques sans terres rares. Les lecteurs de l'Edito Matières Premières & Devises sont des habitués de ces 15 métalloïdes qui sont indispensables à la fabrication de la plupart des objets technologiques de notre quotidien, dont les voitures "vertes".


Or ces fameuses terres rares – qui n'ont de terre que le nom – sont "rares". D'autant plus que la demande explose. Les industriels estiment que le déficit pourrait atteindre 30 000 à 50 000 tonnes d'ici à 2012.

Une situation dont la Chine a pleinement conscience, et ce depuis longtemps. Cela fait maintenant plus de 20 ans qu'elle investit massivement dans l'extraction et l'exploitation des terres rares. Conséquence de ces investissements visionnaires, la Chine contrôle maintenant 95% de la production mondiale. Vous imaginez le pouvoir que cela lui donne.

D'ailleurs, la Chine commence à s'inquiéter des quantités de terres rares disponibles. Il faut dire qu'il y a 27 kilos de terres rares sous le capot d'une Toyota Prius. Pékin a donc décidé de réduire – de 72% tout de même – ses quotas d'exportation de terres rares au second semestre 2010. Quand on sait que la Chine produit 97% des terres rares extraites, on imagine très bien la situation de pénurie qui est en train d'être créée par Pékin.

Une décision qui risque de faire exploser le cours des terres rares dans les mois à venir... mais aussi une excellente manière pour vous de profiter de l'engouement chinois pour les voitures hybrides ou électriques.

Simone Wapler vient d'ailleurs de mettre en portefeuille le seul producteur occidental de terres rares en Occident... le seul capable donc d'échapper au contrôle chinois. Cette société, c'est Lynas Corp (LYI). Simone l'a achetée à moins d'1 $AU, elle en vaut maintenant plus de 1,24. Une augmentation qui est un effet de l'embargo, ce qui laisse présager d'une très belle performance sur cette valeur.
[Retrouvez la recommandation de Simone et de son équipe de spécialistes sur Lynas ainsi que sur l'or sous toutes ses formes – or physique, pièces, ETF, minières... – dans l'Investisseur Or et Matières. Pour en savoir plus...]


Autre solution qui vous permet de profiter du développement de la voiture verte en Chine : miser sur le lithium. Un investissement que nous vous recommandons depuis plusieurs mois à MoneyWeek. Retrouvez le suivi de nos recommandations sur le lithium et l'hybride chaque semaine, dans MoneyWeek.

De la croissance, il y en a ! Mais il ne faut pas avoir peur de sortir de son PEA et oser aller sur les Bourses australiennes, canadiennes grâce à votre courtier...

 
Pour aller plus loin aujourd'hui : les matières premières à l'honneur
Vous prendrez bien un peu de pétrole ? L'or noir ne se portait pas très bien ces derniers temps, mais il semblerait que la roue tourne et que le baril retrouve les faveurs des investisseurs, comme l'explique aujourd'hui Sébastien Duhamel dans le Billet du Trader : "Depuis quelques mois, nous pouvons observer que le pétrole a tendance à évoluer de façon très corrélée avec les indices actions européens comme américains -- avec parfois, il est vrai, un décalage de quelques semaines pour certains cas extrêmes. C'est donc un élément à prendre en compte". Pour lire la suite de son article...


Dans l'Edito Matières Premières & Devises, c'est l'étain qui est au centre de toutes les attentions car il a déjà flambé de +115%. Une hausse qui devrait se poursuivre. A retrouver ici.

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